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Ca y est, le moment tant attendu est enfin arrivé. Je pars ! Lundi soir, je suis allée rejoindre ceux qui tous ensemble va etre mon groupe pendant 12 jours… Dans le car qui nous menait à Roissy, on a commencé à discuter sur le voyage. On est vite arrivé, et à l’aéroport, j’ai retrouvé mon binome : Chris. Je crois qu’on va bien s’entendre. En fait, dans le groupe, on a des gouts communs : l’anglais, les voyages, les animaux, la nature… et puis il y a notre prof Didier qui nous fédère en quelque sorte et que tout le monde apprécie. Je suis ravie. Evidement, je suis la seule à qui on a fouillé le sac à dos à Roissy. Ils m’ont demandé si ça ne me dérangeait pas. Qu’aurais-je pu dire de toutes façons ? Ensuite la personne a pris mon passeport, m’a demandé de patienter et l’a emporté avec elle jusqu’à un bureau vitré pas très loin pour en faire je ne sais quoi. J’ai horreur de m’éloigner de mon passeport. Cela me rappelle les difficultés que j’ai eu pour l’obtenir ! Elle finit par revenir, elle me le rend et me dit « merci », et c’est tout. Bon. En un rien de temps, nous voilà assis dans la zone de l’aéroport en attendant l’embarquement. C’est long, mais curieusement, cette attente ne me pèse pas, je bouquine un peu les magazines et l’on commence à s’interroger sur la durée de la journée en Namibie et sur la température qui nous attend à l’arrivée. On s’installe dans l’avion, on est tous mélangés et je me prépare psychologiquement à y passer de longues heures. Vient le diner, cela nous occupe, ensuite je triture mon écran perso avec l’intention de mettre un film mais il y a plein de parasites, beaucoup de bruit et les films ont tous déjà commencés. Je finis par mettre mon bandeau sur les yeux et essaie de sombrer de temps à autre dans le sommeil…
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Publié à 09:24, le 18/05/2007 |
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Au petit matin, des bruits de plateaux me réveillent, les petits déjeuners se préparent. A chaque fois que j’ai ouvert l’œil pendant la nuit, j’ai regardé mon écran « géovision » qui me permet de savoir à tout moment où se trouve l’avion sur son parcours, et je suis étonnée de voir à quel point il bouge doucement ! Ce doit etre parce que finalement je dors peu. J’ai du mal à dormir assise. Tantot je survole la Lybie, tantot je survole le Tchad et le Congo, puis la zambie et le zimbabwe. Le plus déstabilisant, c’est que la carte de l’Afrique est à l’envers puisqu’elle est représentée tel que l’avion la survole. Du coup, je n’ai plus mes repères habituels. C’est très bizarre aussi de me dire que je suis réellement au dessus de ces pays. J’ai l’impression que tout cela est irréel. L’avion en soit est un moyen de transport irréel. Je n’arrive pas à croire qu’il fasse réellement –60°C dehors, que je me trouve à 10 km du sol, que l’on fonce à plus de 950 km / heure, que j’ai déjà parcouru plus de 8000 km… et qu’on me demande tout naturellement si je veux du thé ou du café.
On atteri doucement à Johannesbourg. Je n’aurais jamais cru qu’un jour j’atterrirai ici ! Surtout après avoir lu Coetzee ! Quoi qu’il en soit, je n’y suis que pour une heure ou deux. Juste le temps de régler deux trois questions administratives liées au transfert et hop, nous revoilà dans un autre avion, plus petit celui-ci à destination de Windhoek. Une ville dont j’ignorais l’existence il y a encore quelques mois. J’adore les surprises ! Dans l’avion, on m’a collé à coté d’un sud africain. Il dit qu’il a vécu en Namibie quelques années, mais qu’il est revenu en Afrique du sud pour y faire des affaires. Pas assez peuplé la Namibie… Il me demande d’où je viens et où je vais, il semble un peu déçu que je ne m’arrete pas en Afrique du sud… Il me parle de ce que je vais trouver en Namibie, me dit que c’est très beau, et il se fiche de moi quand je lui demande s’il y a beaucoup de petites bestioles type scorpions, serpents et autres insectes volants non identifiés… Arrivés à l’aéroport de Windhoek, il me dit que ça doit me changer de l’aéroport de Paris. Je lui dit : « bah oui, je vois deux avions ici ! » et il me réponds : « mais c’est une grosse journée aujourd’hui !! » Bref, il était sympa. Il devait avoir dans les 50 ans (je ne sais jamais déterminer l’age des gens avec précision…) il était un peu dans le genre Clint Eastwood vieillissant dans le film avec Meryl Streep et les ponts couverts aux Etats Unis… Je ne me souviens plus du titre… Bref, je ne sais plus. On se dit au revoir , je pense que je ne le reverrais plus jamais. C’est curieux parce que chaque matin, en temps normal, je croise dans le métro des tas de gens que je ne reverrais plus jamais non plus, mais ça ne me fait pas cet effet là…
Je descends d’avion… drole de sensation, de dépaysement total. Le ciel est d’un bleu profond, j’aperçois juste un tout petit batiment et tout près un ou deux palmiers, un autre avion un peu plus loin (le 2ème !) et puis surtout … l’horizon, de tous les cotés. Il fait bon. Je me sens toute petite. A l’aéroport, on récupère nos bagages très vite. Et contrairement aux autres, je me fais controler une nouvelle fois et interroger sur le pourquoi de ma visite, sur mon parcours, sur sa durée… Il y a une terroriste qui porte mon nom ou quoi ? Une fois « relachée » je repère un distributeur, je retire de l’argent. La machine me donne à la fois des dollars namibiens et des rands sud africains, les deux monnaies ont la meme valeur et toutes deux sont acceptées ici. Il y a de jolis animaux sur les billets de banques : des buffles, des éléphants. Comme une promesse de ce qu’on va trouver sur place. Avec un petit billet, j’achète une carte téléphonique et appelle maman, il est 13h heure locale et je viens juste d’arriver. On rencontre alors Erwan, notre guide pour toute la durée du séjour. C’est un jeune francais qui vit en Namibie depuis cinq ans. Ensuite on nous présente Joseph, notre chauffeur qui lui est namibien. On se parle un peu en anglais. La journée est magnifique avec un beau soleil, du coup je lui demande s’il fait toujours aussi beau et il me répond, oh, c’est l’hiver, maintenant ! Super leur hiver ! Il est bien meilleur que nos étés. Ils ont tous deux l’air sympathique. On finit par tous monter dans le car et on se met en route.
En quittant l’aéroport, les premiers paysages défilent, les montagnes, les reliefs nous entourent au loin de tous les cotés, la couleur ocre domine, la végétation est clairsemée et le ciel est incroyablement bleu. Très rapidement, nous croisons de moins en moins d’automobiles sur cette route goudronnée. Nous commençons déjà à nous sentir un peu seuls ! Quel paix ! Très vite, notre regard est attiré par ce que nous propose la nature : nous voyons par dizaines, voire par centaines le long de la route des termitières ocre-rouge hautes de près de deux mètres. Des nids de tisserands pendouillent aux arbres et des aigles volent deci-delà…
Notre premier arret aura lieu à Okahandja où se trouve un marché artisanal. A peine je mets un pied dehors qu’aussitôt des tas d’enfants et de vendeurs viennent me coller et me demander comment je m’appelle, d’où je viens et de leur acheter quelque chose, qu’ils ont faim… Bref, le premier contact avec la population est un peu dur. Je passe en vitesse entre les stands, je déteste etre harcelée. Il y en a meme un qui me dit, vous les français, ce n’est pas la peine de venir, vous passez mais vous n’acheter jamais rien… Un autre à qui j’avais fini par dire comment je m’appelais me rapporte un peu plus tard une espèce de noix taillée avec mon nom dessus alors que je ne lui ai rien demandé. J’ai plutot hate de partir. Quand je lui dit que non, que je n’ai pas dit que je lui achetais, ses petits copains l’ont engueulés d’avoir écrit mon nom sans mon accord… Je me suis dit, super, voilà que maintenant je vais créer une bagarre ! Bon, j’abrège et me rends vite fait dans la station service pour une pause pipi, j’achète une bouteille d’eau et je file dans l’autocar avec les autres. Je sens que ça va etre dur de faire du shopping…
On reprend la route. De part et d’autres, des grillages délimitent les immenses fermes de quelques 4 à 5000 hectares où l’on fait de l’elevage de koudous ou de bovins. Nous sommes en territoire herrero. Les femmes ont ici de droles de coiffes en bois en forme de cornes de vache, animal qu’ils vénèrent et qui est toute leur richesse. Je pense qu’ici, ça doit etre un compliment si on dit à une femme qu’elle ressemble à une vache… Cette coiffe est recouverte de tissu fait dans la meme étoffe que leur robe. Petit à petit, la nuit commence à tomber, il n’est que 17h30. On arrive peu après à notre premier lodge nommé « out of africa town lodge », situé près d’Otjiwarongo. Un lodge tout blanc qui ressemble un peu à une église. On y est accueilli avec un petit apéro pendant que le personnel nous monte nos bagages. Enfin, monter n’est pas le mot juste puisque les chambres sont toutes disséminées en rez-de-jardin le long de petits chemins de gravillons. Le lodge est vraiment très beau, fleuri, typique et les chambres simples mais à la déco très sympa. Je commence à croire que je suis vraiment en Afrique. Après la douche, on ira diner d’un potage, d’une grillade et d’un vin sud africain, à la lumière des bougies et en extérieur. En introduction, Erwan nous fait une petite présentation de notre parcours et nous met l’eau à la bouche. Un peu plus tard, le dessert nous sera servi en chanson par les serveuses et les cuisinières du lodge ! La lumière est magique. Ma lampe torche n’est pas de trop pour m’aider à retrouver ensuite ma chambre parmi ce dédale de petits chemins. Le ciel est rempli de milliers d’étoiles.
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Publié à 09:29, le 17/05/2007 |
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Au petit matin (lever : 6h30 !), on découvre un peu mieux la déco extérieure de l’hotel. Notre porte de chambre est en bois sculpté d’un lion. J’espère qu’on en verra de vrais. On traverse un petit jardinet semé de tas d’espèces végétales tropicales et on passe près d’une salle à manger installée sous des longs toits de chaumes. Des sculptures de masques ornent les murs de l’hotel et les fleurs colorées sont partout. Le spectacle est tout à fait ravissant. Curiosité géologique Après le petit déjeuner, on fait route pour Tsumeb. A quelques kilomètres de là, nous nous arretons au lac d’Otjikoto. Une famille d’éléphants sculptés se trouve à l’entrée, sous une maisonnette aux toits de chaume. Aux abords du lac, on tombe en premier lieu sur un jardinet très vert où se balladent librement les paons et autres volailles. De temps à autres, leurs piaillements et autres caquetements couvrent la voix de notre guide qui essaie de nous expliquer quelque chose concernant le lac. Priorité aux animaux, on les laisse finir ! Ce lac, c’est une curiosité géologique de la région. Ce plan d’eau provient d’une ancienne caverne dont le toit rocheux s’est effondré et est profond de plus de 55 mètres. La végétation autour du lac est luxuriante, des espèces de cactus, des acacias, des mopanes… C’est aussi l’endroit où j’ai vu pour la première fois des insectes volants de plusieurs centimètres ! Evidement, j’étais impressionnée mais curieusement, ils ne m’ont pas trop effrayée, peut-etre parce qu’ils ont eu la courtoisie de rester à distance respectable, peut etre aussi parce qu’ils se déplacent relativement lentement, ils sont donc prévisibles… Ouf de soulagement. Autre chose de notable depuis que je suis arrivée, tout est incroyablement propre. Autant dans le lodge, que les stations services au milieu de nulle part. De plus, aucun sac plastique ne traine dans la nature. On nous a meme dit qu’on pouvait boire sans crainte l’eau du robinet et que le traitement préventif anti-paludisme est inutile dans toutes les zones que nous allons traverser. Vu de France, tous les médecins conseillent fortement ce traitement ainsi que la vaccination contre l’hépatite A. On se demande s’ils ne le font pas pour l’argent. Une fois sur place on réalise à quel point cela est inutile. Aux abords du lac, on aperçoit un éland du cap, paisible sous l’ombre d’un grand arbre. Ses dimensions sont impressionnantes, on apprend qu’il peut peser plusieurs tonnes… Très loin de la petite antilope gracile qu’on a tous en tete ! Avant de repartir, on observe un crocodile dans une espèce de mare aménagée (pour lui) et grillagée (pour nous). Immobile, je l’aurais facilement pris pour un tronc !
On déjeune ensuite dans un lodge de la région, en plein air au milieu d’un petit jardin fleuri et à l’ombre de grands palmiers et autres espèces végétales plus belles les unes que les autres. Au menu, un potage original et délicieux carrottes / orange suivi d’un bœuf grillé / petits légumes et d’un sorbet à la banane. Ma foi, c’était parfait. Après le déjeuner, on se dirige vers notre second lodge : Mokuti, pour y déposer nos bagages. Mokuti veut dire « brousse » dans la langue locale. Un lodge à couper le souffle, un hall grandiose et très haut sous plafond, poutres apparentes, entralacs de roseaux, toit de chaume… immense girafe sculptée en son centre, déco typiquement africaine. Magnifique. On y dépose nos bagages dans des maisonnettes disseminées sur tout le campement. On y croise nos premières antilopes en liberté qui broutent et se balladent au milieu des visiteurs, paisibles. De temps à autres, on les voit meme sur le terrain de volley ! On voit aussi partout des petits écureuils curieux qui viennent à notre rencontre ainsi qu’une immense girafe à deux pas des chambres qui semble avoir l’habitude des touristes. Des petits oiseaux colorés virevoltent partout autour de nous. Hallucinant.
On y fait un arret très rapide avant de reprendre le car pour une première visite dans la réserve d’Etosha toute proche, sur la partie est. Là, très rapidement, nous sommes hallucinés par le nombre d’animaux que l’on croise en un rien de temps : des girafes dont la tete dépasse au dessus des arbres et que l’on voit arriver de loin, des troupeaux de springboks, d’autres girafes réunies au point d’eau faisant le grand écart pour boire… des gnous qui nous regardent d’un drole d’air à deux mètres de nous, des éléphants qui traversent la route. Puis, on observe la venue d’un éléphant solitaire qui s’approche d’un point d’eau. S’installe devant, se met à boire bruyament avec sa trompe, s’aspergeant le ventre d’eau comme pour se laver, puis se met à faire des bulles dans l’eau. Personne ne dit plus rien, on n’a d’yeux que pour lui. Peu de temps après, un immense troupeau d’éléphants d’une vingtaine de membres, grands et petits, arrivent à tout allure vers le meme point d’eau, comme s’ils faisaient la course, en soulevant la poussière derrière eux, puis se répartissent autour de l’eau, frénétiques. On les observe un bon moment puis on les laisse à regret pour parcourir encore quelques autres pistes. Sur le bord de la route, on croise un couple de dik dik. La plus petite antilope du monde. Une silhouette parfaite de petite gazelle gracile. Adorable. On avance encore un peu et on aperçois très vite quatre girafes qui courent à vive allure sur une étendue dépourvue de végétation. C’est déjà la fin de la journée et l’on se dirige vers notre camp. Encore un petit groupe de zèbres qui traverse…
Une fois arrivés au lodge, on prend une petite douche et hop, dans la piscine. Peu après, un couple vient nous rejoindre, mon binome et moi. L’eau est un peu froide pour moi, c’était un peu dur de rentrer, mais une fois dans l’eau, ça va mieux, et puis nager sous les étoiles est une sensation très agréable… Ce qui est drole, c’est que jusqu’à présent, on a l’habitude d’observer les points d’eau où les animaux viennent boire. Par contre, le soir dans la piscine, c’est nous qui sommes dans l’eau et ce sont les betes de l’hotel qui nous regardent ! Elles déambulent et nous observent nous amuser dans l’eau ! Bref, parfois il est difficile de dire qui regarde qui ! Dans la réserve, les antilopes stoppent quand elles voient passer un 4x4 et dévisagent les touristes !
On rentre dans les chambres nous sécher un peu et nous préparer pour le diner. Un diner dans une salle à manger à nouveau en plein air, sur des tables et banquettes dont on reconnaît encore le tronc massif des arbres… à la lumière des petites loupiottes tremblantes. Le diner est servi sous forme de buffet avec le fameux « braii », le barbecue local où l’on goute le koudou et l’oryx, deux espèces d’antilopes que l’on aura l’occasion de voir dans le pays. Pour finir en beauté, des danseurs locaux viennent faire un petit spectacle pendant le dessert. Ca semble etre la coutume, dans les lodges.
Après le diner, on traine un peu dans la boutique de l’hotel, le cadre est tellement beau, des centaines d’objets au style si africain figurent partout, on passe des heures à regarder tout ce qu’il y a… J’en profite pour acheter mes cartes postales et mes timbres puis, on fini par aller se coucher, ravi de cette seconde journée en terre africaine, dans une chambre magnifique, poutres apparentes, le lit sous de belles moustiquaires qui sont encore plus belles lorsqu’elles sont inutiles ! Pas un seul moustique pour troubler mes nuits ! J’avais pourtant lu avant de venir que l’on passerait nos nuits à éviter les petites betes et nos journées à rechercher les grosses !
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Publié à 09:35, le 16/05/2007 |
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Après un petit déjeuner buffet au camp, on se réparti sur plusieurs 4x4 et autres voiturettes semi-ouvertes pour explorer la réserve dans de meilleures conditions. J’enfile ma polaire : il fait rudement froid à 5h30 du matin ! La journée est entièrement consacrée à la visite d’Etosha d’est en ouest. J’ai lu quelque part que safari, veut dire voyage en swahili. Toute la journée, on va longer le pan, cette immense étendue blanche, d’argile et de sel, qui était autrefois un lac, asséché depuis quelques 10 milions d’années… Lorsqu’on observe le pan, au loin, il nous semble voir de l’eau, on fait la remarque à notre guide… on nous confirme que c’est un mirage… Nous n’en revenons pas, cela ressemble pourtant tellement à de l’eau ! En dehors du pan, la savane est relativement verdoyante, des forets d’acacias et de mopanes s’étendent à perte de vue. Les mopanes constituent la nourriture préférée des éléphants qui en mangent quelques 300 kilos par jour et par individu ! Les arbres sont facilement reconnaissables à ses feuilles en forme de papillons. Les acacias ont cette forme caractéristique que leur donne le vent, des formes horizontales très esthétiques. Nous aussi nous avons tous les cheveux au vent… on verra en fin de journée quelle forme ils auront pris ! Tout en roulant, la savane est ondoyante et colorée. L’herbe couleur paille au premier plan est comme sortie d’un tableau de Van gogh, des acacias au second plan et un ciel bleu limpide viennent compléter ce ravissant tableau. A d’autres endroits, les adorables springboks gambadent dans une savane à la fois rouge, verte et blanche, le ciel toujours bleu. Ces paysages semi-arides sont loin d’etre déserts ! Les troncs d’arbres morts se détachent en contre jour et forment des silhouettes fantomatiques au détour d’une piste… Evidement, on continue de rencontrer des zèbres, des éléphants, des oryx… L’oryx est l’animal emblème du pays. On nous explique qu’il peut passer sa vie sans jamais boire de l’eau directement. Manger des plantes riche en eau suffit à son hydratation. De plus, il est capable de résister à des températures extremement élevées car il a un système de refroidissement dans son cerveau ultra perfectionné. C’est un miracle de la nature. On voit beaucoup de chacals aussi, des impalas, des autruches, des pintades en veux tu en voilà… Elles sont trop mignones quand la voiture ralenti pour les laisser traverser, elles caquettent au vent et accelèrent le mouvement comme des piétons au passage clouté dont le feu va bientôt passer au vert… Elles sont craquantes avec leur plumage à pois. Le clou du spectacle cependant a été le lion. Sa crinière de feu puis son gros derrière quand il est retourné rejoindre ses buissons. Il s’est ensuite allongé sous un arbre, à l’ombre en regardant vers nous. Sa taille est impressionnante bien que nous soyons relativement loin. Ca nous fait froid dans le dos. Un peu plus loin, il y en a un autre allongé sur le dos, comme un gros chat qui attendrait qu’on lui gratouille le ventre ! Tout le monde est surexcité ! Notre guide qui sillonne le parc depuis 5 ans nous dit que c’est une des plus belles visites d’Etosha qu’il ait fait… Car non seulement nous avons vu le lion, mais également le guépard et le léopard. Il doit avoir quelques trois cent sujets sur toute la réserve grande comme la Belgique et puis ils ne sont pas du genre à beaucoup se montrer. Lorsqu’on les voit, c’est en général assez furtif. Rien à voir avec les troupeaux de zèbres, d’éléphants, d’antilopes qui se laissent admirer pendant des heures… On n’aura pas vu les « big five » mais les « big four » ! (On dirait un boys band !) Les « big five » sont le buffle, l’éléphant, le lion, le léopard et le guépard. En effet, le buffle est le seul des cinq qu’on ne verra pas à Etosha, il a besoin de beaucoup d’eau et ne vit qu’à l’extreme nord du pays le long de la frontière avec l’Angola et dans la bande de Caprivi.
Le midi nous avons déjeuné dans le camp où l’on dormira le soir : Halali. On rentre au bercail peu avant le crépuscule de façon à aller voir le clou de ce camp : son point d’eau privé, la « moringa ». Point d’eau = point d’observation des animaux. Un petit sentier de randonnée balisé y mène. A l’approche de ce « waterhole », un silence religieux se fait, chacun s’installe dans les rochers, jumelles autour du cou pour regarder dans la meme direction. Une impala est en train de laper un peu d’eau, des dizaines de calaos virevoltent dans les airs au dessus de l’eau, nous n’entendons plus que les bruits de la nature pendant que le soleil est sur le point de disparaître dans les jolies couleurs du crépuscule… puis arrive en file indienne une colonie de pintades. Elles sont inquiètes, ralentissent puis redémarrent en direction du point d’eau. Que de tergiversations avant de boire, que d’inquiétudes, j’y vais, j’y vais pas, je regarde autour de moi dix fois avant de mettre le bec dans l’eau. Un bruit, elles s’écartent, fausse alerte, elles reviennent, que de stress dans la vie d’une pintade ! En effet la moindre imprudence et elles le payent de leur vie…
Après avoir observé ce spectacle, on a un peu de temps libre pour prendre une petite douche et pour nous relaxer un moment avant le diner. Détail amusant, il y a une heure de décalage horaire en moins par rapport à la France, comme c’est pas grand chose, je décide de ne pas régler ma montre et de laisser telle quelle. Sauf que des fois, la fatigue aidant : j’oublie de déduire une heure. Résultat, je me présente avec mon binome au repas une heure avant ! Du coup, lorsqu’on réalise notre avance, on décide de faire un tour, il fait nuit noire, on croise un couple, on essaie ensemble de repérer le point d’eau afin d’y retourner après le diner, car celui-ci est éclairé et permet d’observer les animaux la nuit. Comme nous voyons bien que nous ne le retrouvons pas, Hervé, l’homme du groupe, décide de demander aux campeurs assis autour d’un feu où se trouve le « waterhole » avec son anglais, qui tout comme le mien est approximatif. Les campeurs nous indiquent les douches !! Eclat de rire général ! Ils finissent par comprendre et s’en amusent aussi. Bref, de toute façon il est l’heure d’aller diner maintenant. Toujours aussi agréables ces repas pris en extérieur sous un toit de chaume… Bon, le seul hic c’est que le campement est en travaux et qu’il est très sombre. L’avantage, on y voit des milliers d’étoiles…
Après le diner, le guide a pitié de nous, il est obligé de nous mener jusqu’au sentier car personne n’arrivait à s’orienter dans une telle obscurité. Ensuite, on refait la petite ascension en direction du point d’eau en silence et en pleine nuit cette fois. Je ne me sépare plus de ma lampe torche. On s’installe en tailleurs sur des grosses pierres et on attend. Qu’elle n’est pas notre surprise de voir arriver quelques instants plus tard tout un clan d’éléphants tout doucement, et en silence pour boire. Malgré leur taille imposante, ils parviennent néanmoins à se faire discrets. Il y a des gros males, des femelles et des éléphanteaux , une dizaine d’individus en tout. Encore une fois, ils se répartissent autour du point d’eau et se mettent à boire. L’un des petits éléphants lui, ne se contente pas de boire, il s’amuse à asperger les autres avec l’eau ! Il s’éclate comme un petit fou. De temps à autres, les autres semblent le gronder en remuant les oreilles et en grognant. Le petit éléphanteau continue de faire des siennes. On avait du mal à garder notre sérieux devant tant de facéties ! Nous sommes néanmoins tout ouie, nous les écoutons émettre des sons et se répondre… Au bout d’un moment, le plus gros éléphant se met en marche, suivi en file indienne par les autres, d’un pas lourd et lent, s’enfonçant doucement dans la savane sombre. L’un des petits éléphants, trop occupé à faire des bulles avec sa trompe ne suit pas le mouvement. Une éléphante alors se retourne et le voit encore dans la mare, elle revient tout doucement vers lui, et lui fait un mouvement de tete et le pousse gentilment pour qu’il reprenne la marche, le remet dans le droit chemin, ce qu’il finit par faire. Un a un, ils s’éloignent progressivement hors de notre vue et se perdent dans l’obscurité totale. Mais où vont-ils donc ? Cela demeure un mystère… Instant magique ! Nous venons d’entrevoir un instant le monde des éléphants !… Heureusement que les éléphants sont repartis, car ç’aurait été un arrachement que de partir avant eux ! On est tous ébahis par le spectacle que l’on vient de voir à quelques mètres seulement de nous, dès que l’on s’éloigne du point d’eau, tout le monde commence à échanger ses impressions avec enthousiasme.
En petit groupe, on reprend le sentier pour rejoindre nos chambres. Cela dit, sur le chemin, arrivés déjà au campement, Didier repère une bete dans la nuit, et nous nous arretons tous un moment pour l’observer. Il s’agirait d’après lui d’un « honey badger », il ne se souvient plus du nom en français. Il est fasciné par ce qu’on vient de voir. Hervé essaie de s’en approcher afin de le faire sortir de sa cachette et afin qu’on puisse le voir à nouveau. J’ai juste aperçu une forme sombre filer. Il nous explique que c’est un mamifère qui ressemble à un gros blaireau avec un manteau plus clair sur le dos et des grosses griffes. Comme on ne sait pas trop ce que c’est, il insiste pour qu’on vienne voir sa photo dans son encyclopédie illustrée des animaux d’afrique australe qu’il a dans ses bagages. On tombe de sommeil, mais il est tellement enthousiasmé par sa découverte qu’on décide de le suivre. On n’en est pas à cinq minutes près, pensons-nous. Là il nous montre la photo de la bete, plutot impressionnante et on découvre son nom en français : le ratel. Ensuite, il se met à nous lire son descriptif sur ses moeurs. Je me dis, ça y est, le voilà parti pour des heures ! Il nous lit que cet animal peut s’attaquer à des buffles et meme à des lions bien plus gros que lui car il a une technique d’attaque très spéciale. Il s’attaque aux parties génitales de sa proie et ne lache plus l’animal jusqu’à ce que celui-ci se vide de son sang dans d’horribles souffrances !! Là, on est tous à la fois pliés de rire et effrayés, notamment pour Hervé qui avait pris des risques inconsidérés en essayant de rabattre la bete !! En fait, on croyait vraiment qu’il venait d’inventer cette histoire pour nous faire marrer, mais non, il nous dit qu’il est vraiment trop fatigué pour inventer quoi que ce soit ! C’était bien ce qui était écrit dans son encyclopédie très sérieuse et nous le prouve ! On a tous ri à gorges déployées, il était déjà plus de 23h passées et on a du réveiller des gens dans les chambres ou des campeurs avec nos rires.
Sur ce, on finit par prendre congé, Chris et moi et décidons de rejoindre notre campement situé complètement à l’opposé, sans trop savoir par où il fallait passer et sans trop oser l’avouer aux autres… meme s’ils s’en doutaient un peu. En effet, en pleine nuit noire, dans un camp quasiment pas éclairé où les chambres sont toutes disséminées sur de longues distances… on finit par se perdre. Meme avec ma petite lampe torche, on n’y voit goutte. Evidement, par une soirée comme celle là, on continue de rire, comme si on était ivres ! Et plus on se perdait, plus on rigolait. Quand tout à coup, en marchant, on a buté sur quelque chose et on est tombées en avant sur des troncs d’arbres coupés et des bouts de béton armés. Dans les premiers instants, on se demande mutuellement, c’est bon, tout va bien ? Encore une fois, nous avons éclaté de rire ! et l’on s’est demandé si on arriverait à retrouver nos chambres avant l’aube où s’il faudrait dormir dehors avec le ratel en attendant le lever du jour !! Après encore quelques détours, nous avons fini par voir la lumière de la réception et de là nous avons enfin pu retrouver notre chambre. Vers minuit passés, enfin, j’ai retrouvé mon lit, épuisée…
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Publié à 09:38, le 15/05/2007 |
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Lever 5h30 ! Après les péripéties de la veille, c’est un peu dur. Mais on veut voir le soleil se lever sur le point d’eau une dernière fois. On s’habille chaudement et on part à jeun. Quand on arrive vers 6h, le jour est déjà levé et c’est surtout un grand nombre d’oiseaux qu’on peut observer. J’y ai vu aussi deux belles chouettes bien camouflées dans un arbre, comme nous le fait remarquer le petit groupe arrivé avant nous et qu’ils observent déjà depuis un moment. Point de mamifères ce matin… Nous sommes restés peut-etre une demi heure avant de retourner au camp prendre notre petit déjeuner.
La matinée est consacrée encore aujourd’hui au safari dans la partie sud-ouest du parc. On y a vu de nouveaux points d’eau où plusieurs espèces étaient réunies : des zèbres, des éléphants, des oryx. Puis, à un autre point d’eau, des springboks, des zèbres, des girafes. Quand les espèces se mélangent, c’est absolument magnifique. Ou plutot, elles se cotoient sans se mélanger. Un peu plus loin,on y observe aussi un aigle dans un arbre tenant une pintade entre ses pattes. Dans la famille volaille on y voit des outardes et des secrétaires. Puis des bubals (encore une espèce d’antilope), un serpent et meme un rhinocéros !! Il était relativement loin mais on le voyait bien avec les jumelles, se promener tranquillement parmis les cailloux et les paysages de brousse. En permanence, on continue de voir défiler les zèbres, les girafes, les éléphants, les koudous, les impalas, les autruches… à chaque minute, on croise leur chemin : ils finissent par devenir familiers. En les observant un peu, on voit qu’ils se gratouillent, qu’ils boivent, qu’ils se lavent, qu’ils se surveillent… ils sont tous aux aguets, excepté l’éléphant qui lui semble parfaitement zen. C’est un vrai plaisir lorsqu’on stoppe quelques instants la voiture, qu’on coupe le moteur et qu’on se laisse envahir par les bruits de la nature et les allées et venues de tous ces animaux autour de nous… Nous sommes si loin de tout, c’est le bonheur…
On finit par quitter Etosha à regret et par reprendre la route pour de nouvelles découvertes. Dommage qu’on ne visite pas tout le pays à bord de ces voitures ouvertes, les cheveux au vent… On y prend gout à ces visites. On est assis, il fait beau, le vent est agréable, on a des boissons à volonté dans les 4x4… le grand luxe, je trouve. On reprend le car en direction de Khorixas, en pays damaras. Que de bosses et de sursauts avec notre car… on est complètement secoués ! Sur la route, on croise de nombreux panneaux « attention, passage d’éléphants ». En effet, le code de la route est un peu différent ici : priorité aux animaux ! Après une petite pause, Erwan nous montre un beau caméléon qu’il a sur son bras, tout vert coté ombre et qui noirci à vue d’œil coté soleil. Il n’a pas besoin de crème celui-là, pour se protéger du soleil ! Une fois reposé à terre, il entreprend une démarche on ne peut plus lente et saccadée tout en faisant tournoyer ses yeux dans tous les sens ! Drole de zig. Il y a toujours quelque chose à voir dans ce pays.
Dans l’après midi, on fait une ballade au pied du Vingerklip : c’est une curieuse formation rocheuse, un gros monolithe qui mesure 35 mètres de haut. Une petite ballade le long d’un petit chemin caillouteux est nécessaire pour y accéder jusqu’à sa base. Les paysages autour du Vingerklip sont vraiment très beaux, pour ceux qui connaissent, ils ont un petit air de grand canyon américain. C’est le Monument Valley namibien, une impression de far west du bout du monde…
En fin d’après midi on arrive à Khorixas et on atteri au Gowati lodge. Une fois encore, une déco typiquement africaine, des chambres immenses et d’une belle hauteur sous plafond, des poutres apparentes, des toits de chaumes qui touchent presque le sol, des sommiers en béton et des plaintes en cordes et la peinture murale rose pale ! La salle d’eau est toute simple mais c’est tout est nickel. Voilà pour le tour du propriétaire. Les couvertures des lits sont recouvertes d’éléphants et de girafes et au dessus du lit, une photo d’une hyène est accrochée au mur, ce qui m’a beaucoup amusée. Petite douche. Par la fenetre de la salle de bains, des campeurs anglo-saxons rient à gorge déployée autour d’un grand feu. Qui n’est pas heureux ici ?
Juste avant de diner, toujours en exterieur, mais sous les toits de chaume, l’une des jeunes serveuses nous lit le menu de ce soir en damara afin qu’on puisse entendre à quoi ressemble cette drole de langue faite de clicks. C’est très impressionnant, les phrases entières sont comme ponctuées de ces sons dont on se demande bien comment on peut les prononcer. Le repas est très animé, ponctué de nombreux éclats de rire qui se font entendre à toutes les tables, c’est aussi là que j’ai reçu ma première piqure de moustique. A la fin du repas, les trois jeunes serveuses, toutes plus souriantes et agréables les unes que les autres nous font un petit spectacle de danses et de chants locaux dans la bonne humeur, et sans se prendre au sérieux. Elles ont un rire très communicatif. Comme on a appris que certains étaient logés dans des espèces de suites, avec mezzanine dans la chambre et petit salon, on décide donc de faire quelques visites de cases. Nous allons d’abord chez Hervé et Michelle qui sont logés dans une chambre aussi immense que mon appartement tout entier. Un petit escalier mène à la mezzanine sous les toits où se trouve encore deux autres lits. Format familial. Nous allons ensuite chez Didier qui veut me preter du spray désinfectant pour ma piqure de moustique ainsi que de la crème pour le bobo de Chris suite à sa chute de l’autre soir ! Ensuite, il vient chez nous car on veut lui montrer la photo de ce qu’on pensait etre une hyène. Il nous explique qu’il s’agit en fait d’un lycaon, espèce de petit chien tacheté, aux grandes oreilles rondes, plutot mignon et en voix de disparition. On en apprend tous les jours. Chacun finit par regagner sa case. J’y écris mes cartes postales et colle mes timbres-léopard en attendant que mes cheveux sèchent.
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Publié à 09:41, le 14/05/2007 |
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Le matin, les vrais coqs qui se trouvent en liberté sur le campement me réveillent avant le faux coq de la sonnerie du téléphone de Chris. Encore une grosse journée devant nous, lever 5h. Après le petit déjeuner, on se dirige vers le site de la foret pétrifiée. Le ciel est un peu voilé ce matin, mais malgré cela, les paysages autour du site ont de magnifiques couleurs. Nous baignons littéralement dans un environnement minéral. On trouve sur le site une cinquantaine de troncs transformés en pierre, qu’une gigantesque crue aurait rapportée jusqu’ici. Ici, ils se sont conservés intacts depuis 200 millions d’années… Des espèces d’arbres qui ont aujourd’hui disparus de la planète mais qui sont ici comme fossilisés. Certains troncs semblent avoir été coupés à la tronçonneuse. On y aperçoit toutes les veines du bois, toute sa texture, ses irrégularités, son age meme, mais lorsque l’on touche, on constate avec curiosité que c’est bien dur comme de la pierre. Etonnant de constater que nous pouvons déambuler comme bon nous semble sur ce site protégé. C’est assez tentant de ramasser en souvenir un petit bout de cette foret pétrifiée, mais on nous le déconseille fortement étant donné que cet acte est passible d’un an de prison ferme. Le soleil perce un peu de temps en temps et révèle aux alentours de nouvelles couleurs : l’ocre des pierres, le vert des pousses d’herbes, des petits arbres blancs dont les troncs semblent gonflés comme des petits baobabs, avec des grosses branches puis de toutes petites…
Une fois fait le tour, nous repartons en direction de Twyfelfontein. A l’entrée du site, se trouve le bureau où il faut acquitter les droits d’entrée. Normal, sauf que le bureau est fait de branchages et au dessus est inscrit « office » à la craie ! A l’intérieur se trouve une jeune femme qui est à la caisse. A gauche, il y a comme une salle d’attente : un banc installé à l’intérieur d’un arbre ! Insolite. Les paysages autour sont fabuleux, des herbes jaunes pales, quelques arbres verts et des montagnes ocres… Les grands espaces. On marche un peu dans cette rocaille rouge jusqu’à une petite cabane faite de brique et de broc, mais très propre, très fonctionnelle. Je décide d’aller aux toilettes. Ce sont des toilettes sèches. Elles sont en tout point semblables aux notres, sauf, que lorsqu’on soulève la lunette, il y a un grand trou béant et profond. Je suis étonnée de ne ressentir aucune mauvaise odeur. Les cloisons des toilettes sont trop droles : des couvercles de pots de peintures rouillées et reliés entre eux. Ce sont les rois de la récup, ces africains ! Il y a quelques interstices, mais ils ne sont pas vraiment génants. Lorsqu’on partira, ils jetteront de la chaux dans les toilettes. C’est la première fois que je vois ce type de toilettes écolos, et je trouve que c’est une super idée pour réduire au maximum la consommation d’eau. Il y en a trop besoin ici pour qu’on la gaspille dans les toilettes. Une fois achevée cette pause, on peut commencer la visite du site à proprement parler. On scinde le groupe en deux : un groupe rejoind Didier, l’autre rejoind Erwan, ainsi qu’un guide local chacun. Celui-ci nous fera aussi une petite introduction pleine de clicks. Voyage dans le temps… Twyfelfontein, c’est la plus grosse concentration de peintures rupestres du continent africain. On y trouve près de 2000 gravures qui sont vieilles de 6000 ans. Depuis que je suis ici, j’ai vraiment l’impression d’etre toute jeune. On prend conscience que la planète est ancienne et que notre mode de vie moderne est récent. Quand on regarde cet horizon qui nous encercle de tout coté, on a aussi l’impression de n’etre qu’un point minuscule dans ce paysage. Tout comme la nuit lorsqu’on regarde ce ciel transpercé de millions d’étoiles et cette voie lactée si… lactée ! En bref, nous ne sommes rien, une poussière, guère plus. Ces gravures faites par ces premiers bushmen dans le grès rouge représentent des girafes, des éléphants, des koudous, des lions, des rhinocéros, et des traces de pas de tous ces animaux. Plus rarement on y trouve des hommes ! Un peu comme ce que l’on voit aujourd’hui en fait ! 6000 ans plus tard, rien n’a changé, ou presque. Les hommes sont passés sur ces terres sauvages sans quasiement rien modifier au paysage. On fait aussi un voyage dans le temps. Le site se trouve entièrement en plein air et se découvre au gré de la marche le long d’un petit sentier. Il faut grimper un peu pour atteindre la source d’eau qui donne son nom au site. L’eau coule encore et celle-ci est potable. On déambule sur le site plus d’une heure mais on ne voit pas le temps passer. Avant de repartir, on découvre au détour d’un chemin encore une formation géologique curieuse. C’est comme si une immense vague s’était transformée en roche solide et rouge, figée pour l’éternité. Certains y voient aussi comme la gueule ouverte d’un énorme lion qui rugit. On fait une petite pause autour de bouteilles d’eau bien fraiches dans une sorte de petit café aménagé toujours avec des couvercles de peintures sur les cotés, de la paille comme toit et des petites pierres disposées par terre pour faire office de carrelage. Le mobilier est on ne peut plus simple, en fer forgé, couleur rouille. L’endroit est ouvert sur la plaine alentour, on voit les montagnes… on est loin de tout… et pourtant rien ne me manque !
On finit par repartir, et à quelques kilomètres seulement, on refait une pause pour observer les tuyaux d’orgues d’une dizaine de mètres de hauteur, à l’intérieur d’une petite gorge. Autour des tuyaux d’orgues, on aperçoit au loin la montagne brulée qui offre aux regards de bien belles couleurs. Nous repartons. Au bout de la route : l’atlantique sud comme un mirage Nous avons quelques kilomètres à parcourir pour parvenir à notre prochaine étape : Cape Cross, sur la cote. En route, nous nous arretons dans la région du Brandberg, d’abord pour un arret shopping en bord de route, au milieu de nulle part. La petite boutique est indiquée à l’entrée par des troncs d’arbres, des pneus où l’on peut lire « luis figo » puis un autre « david beckham » (?) Drole d’impression. Une jeune fille derrière son comptoir y fabrique et y vend des petites poupées en costume traditionnel. La jeune fille les fabrique sous un arbre en écoutant la radio sur un vieux transistor tout cassé et tout bricolé relié à je ne sais quel fil mais qui émet encore quelque chose.
Nous repartons tout en cherchant un coin près de la piste qui pourrait nous servir de cadre pour notre pique nique. On finit par trouver un endroit, à priori désert, suffisement à l’abri de la poussière de la piste au cas où un hypothétique autre véhicule viendrait à passer. Un pique-nique sur la lune ! On commence par prendre chacun un petit panier repas, on se trouve chacun son petit caillou pour ses fesses et l’on commence à manger et à boire. Tout à coup, on ne sait comment, nous voyons trois jeunes enfants venir dans notre direction, comme surgis de nulle part. D’ou viennent ils ? Qui sont ils ? Comment ont-ils su qu’on était là ? Bref, une fois parmis nous, ils nous ont proposés des tas de petites pierres colorées à vendre. Ils étaient pieds nus, les vetements un peu délabrés mais ils semblaient bien nourris. On leur a laissé un carton plein de tous les sandwiches en trop que l’on avait, ont croqué dans des pommes. L’une des fillettes qui devait avoir dans les 8 ans nous a fait une petite démonstration de danse mais surtout, ce que l’on retiendra, c’est qu’ils sont tous sourires ! Drole de pays. Ils sont très pauvres, mais ne semblent pas malheureux. Ce que je remarque aussi, c’est qu’aucun ne mendie, ils cherchent à nous vendre leurs pierres mais ne nous demandent pas d’argent. Ils acceptent volontiers nos pique-niques, mais ne nous avaient rien demandé. Etonnant. En repartant un peu plus loin, j’ai trouvé un petit panneau en métal planté dans la terre où il était écrit « stone for sale ». En fait, on était dans leur boutique à ciel ouvert. Avant de repartir, je prends quelques photos des alentours depuis la piste. Une piste blanche qui contraste avec le ciel qui est plus foncé. Il y a quelque chose de lunaire dans cet endroit…
Après encore quelques kilomètres, nous apercevons la mer ! L’atlantique sud après des paysages semi-arides : l’océan droit devant et ce n’est pas un mirage ! Cape cross n’est plus très loin, ça y est on y est on descend et là… Une odeur tenace nous prend aux tripes, me donne presque envie de vomir !! Les otaries ! Qu’est ce qu’elles puent ! On s’approche, elles sont là, des milliers d’otaries, jusqu’à 100 000 individus, qui en plus de sentir mauvais font un boucan de tous les diables. Elles se chamaillent, jouent, se courent après. Au loin, des chacals veillent au grain des fois qu’il y ait des petits sans surveillance. Ce n’est pas une plage où il fait bon s’allonger… Heureusement, plus on s’approche de la mer et moins l’odeur devient génante grace au vent. A moins qu’on ne finisse par s’y habituer et puis il y a tellement d’otaries à observer que l’on en oublie l’odeur. Celles qui viennent de sortir de l’eau sont noires et luisantes, celles qui paraissent au soleil ont un pelage velour marron… Une maman otarie est en train d’allaiter son petit et le recouvre avec sa nageoire affectueusement. Une autre est en train de se dorer au soleil, se retourne de temps à autre comme si elle voulait parfaire son bronzage. Non loin, deux petits se coursent et s’amusent, d’autres qui belent… Je n’ai meme pas vu la croix qui donne son nom à l’endroit tellement je n’avais d’yeux que pour ces grosses betes ! Bref, c’est tout un spectacle, ravissant lorsque le soleil se couche sur un lit de nuages et tamise la lumière sur l’océan… Drole de plage…
On repart tous avec un bon souvenir dans l’autocar : une bonne odeur de phoque ! Direction : Swakopmund, la deuxième ville du pays et notre tout premier feu rouge depuis des centaines et des centaines de kilomètres que nous avons déjà parcourus depuis la sortie de l’aéroport. On fait un petit tour dans la ville avant que la nuit ne tombe. Une ville tout à fait charmante, style balnéaire allemand du début du xixème siècle, très colorée, très propre qui semble un peu incongrue posée là, au milieu des dunes… On arrive dans ce qui est le plus bel hotel de la ville, une ancienne gare transformée en hotel de luxe. On est accueilli avec un apéro malgré notre odeur de phoque. Pendant qu’on attend qu’on nous remette les clés de la chambre, je déambule dans le hall et je remarque que le tableau accroché au mur représentant l’hotel est signé d’un certain… Robert Mugabe... D’ailleurs cela me fait penser, en quittant l’aéroport à Windhoek, que j’avais vu à une intersection les deux noms de rues qui se croisent : Robert Mugabe et Nelson Mandela. Curieux mélange… Quand j’en parle au guide, au diner, il me dit, oh, c’est simplement qu’ils ont fait une thématique avec des chefs d’Etat ! Certes ! On monte dans les chambres, immenses, luxueuses mais sans le charme des lodges typiquement africains. Ici, on pourrait se trouver n’importe où dans le monde. Cela dit, je ne me permettrais pas de cracher dans la soupe, et puis cette alternance de petits lodges et de grands hotels n’est pas désagréable, elle permet de gouter à tout. En tous cas, nous avons ordre de passer par la case douche si l’on veut utiliser la piscine !… On ne peut plus se sentir ! Il faut absolument se débarrasser de cette odeur de phoque. On nous conseille également de bien isoler les vetements mis aujourd’hui dans des sacs plastiques fermés afin de ne pas contaminer l’ensemble de notre valise et notre linge propre. On prend tranquilment notre douche puis on se met en maillot, on prend une serviette de bain et hop, nous voilà dehors, la nuit est complètement tombée et nous sommes surprises Chris et moi de ne trouver personne dans l’eau. A un moment, on se demande meme si c’en est reellement une, de piscine ou bien s’il ne s’agit pas plutot d’un bassin d’agrément bien décoré… On décide d’attendre encore un peu sur des chaises longues toutes proches en discutant dans la moiteur de la nuit. Des anglo-saxons qui passent nous regardent bizarrement, ils doivent etre étonnés de nous voir prendre des bains de lune sur ces transats ! Il fait lourd ce soir, mais quand je tate du pied la température de la piscine, je me refroidis aussitôt. Elle est gelée ! On voit ensuite des personnes du groupe passer en tenue habillée qui nous disent qu’ils se sont déjà baignés et préparés pour le diner… Voilà qu’on est en retard ! Et ce malgré mon heure d’avance ! Vu la température de l’eau, c’est sans regret, on remonte dans les chambres, dans le couloir sont installés des tas d’objets à la vente qui à la fois décorent l’hotel et servent de boutique. On se prépare rapidement et on redescend faire un tour dans la « vraie » boutique près de la réception. Des tas d’autres objets sympathiques attendent d’y etre vus.
On va diner. On finit par trouver la salle, un portier nous ouvre la porte et nous salue. Un couple nous offre l’apéritif local : l’amarula. C’est laiteux et très facile à descendre malgré ses 17° ! C’est un apéritif ou un digestif préparé à base de fruits d’un arbre du meme nom la Marula. Il paraît que les éléphants en sont friands ! On les comprends. Le soir, le guide dine avec nous et nous parle un peu de la Namibie mais aussi du Zimbabwé et de sa situation politique actuelle. Bref, de l’Afrique australe. Comme nous avons eu l’interdiction de sortir ce soir de l’hotel par mesure de sécurité, on en vient aussi à parler de la violence ici, et du coup aussi à évoquer le sort de l’Afrique du sud. On nous dit que la différence ici, c’est que si on sort de l’hotel, on se contentera de nous voler. En Afrique du sud, c’est beaucoup plus violent et les crimes sont nombreux… Tous ces pays ont des tas de choses en commun. Des richesses mais aussi des problèmes similaires. La France est loin et toute petite. On prend conscience à quel point la France est égocentrique, toujours à se regarder le nombril sans voir plus loin que le bout de son nez ! On n’ y entend jamais parler de l’Afrique australe. C’est à peine si je savais situer le pays lorsqu’on m’en a parlé la première fois… Et pourtant, j’ai dit OK. Cela me fait penser à tous ces endroits dont j’ignore meme l’existence mais d’où il y a des tas de choses à découvrir… En meme temps, c’est curieux de parler de tous ces problèmes : violences, sida, pauvreté, tout en dinant de l’autruche, du crocodile et du koudou dans un hotel de luxe. D’ailleurs en pénétrant dans l’hotel en fin d’après midi, on a pu apercevoir en face, des maisons toutes simples, entre le quartier moyenne classe et le township. On se demande s’ils ont de l’eau courante et de l’électricité chez eux au moment où l’on prend l’apéro. En meme temps, ce superbe hotel emploie bon nombre de personnels locaux, nous dit-on… Bon, ce soir, on ne se couchera pas trop tard, de toutes façons, on ne peut pas sortir et j’ai du sommeil en retard… On se prépare un dernier thé et au lit !
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Publié à 09:44, le 13/05/2007 |
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Aujourd’hui, c’est dimanche, donc grace matinée : 7h ! Au programme : petite croisière d’une demi journée au large de Walvis bay, la baie des baleines. Cela dit on nous prévient que ce n’est pas la période et qu’à priori, nous n’en verrons pas… Quelques kilomètres séparent Swakopmund de Walvis bay, nous avons l’océan à notre droite, et le désert à notre gauche. Une fois arrivés au port au petit matin, la vision est presque irréelle, on y voit un petit bateau au bout d’un petit embarcadère en bois, l’horizon se confond entre le ciel et la mer, le bateau semble flotter dans les airs en ce petit matin… Là encore, nous nous répartissons dans plusieurs petits bateaux et vogue la galère.Très rapidement « spotty » l’otarie monte à bord du bateau avec nous et vient réclamer à grand bruit à notre capitaine un petit poisson. Tout le monde peut la caresser et tater son pelage épais et étanche ainsi que ses nageoires et ses petites oreilles. Très mignone toute luisante…c’est la mascotte. Un peu plus au large, on aperçoit un grand groupe de pélicans qui en nous voyant se met à nager à notre rencontre à toute vitesse, là aussi, ils connaissent Mike notre « captain ». Ils sont tous bien dodus, ses pélicans, avec leur plumage crème chantilly et leur bec jaune et rose ultra extensible, et ça se chamaille, et ça ouvre un large bec presqu’à 45° en attendant un poisson ! La mer est belle, bien bleue, limpide, les reflets pastels des pélicans la rend encore plus belle… Pour le ciel, c’est à peu près la meme chose ; que de l’infiniement bleu. Le vent est plus que frais… D’avant en arrière du bateau, de haut en bas (car il y a comme un petit balcon en haut d’où on peut scruter l’horizon) on passe des minutes au paradis cheveux au vent… et je pense à Mike dont le métier est d’etre là tous les jours dans cette baie magnifique à faire admirer la faune à des tas de gens émerveillés, souriants et ravis d’etre là… Quel bol ! On croise sur notre route des épaves russes qui étaient sur le point d’etre démentelées, mais les cormorans ayant nidifiés dessus, désormais on laisse tranquilles oiseaux et bateau. Il y en a un sur le bateau qui ne m’a pas laissé tranquille. Un labbe, venu spécialement de l’antartique, il est venu tournoyer au dessus du bateau pour quémander du poisson, mais à un moment, je l’ai vu, immense foncer sur moi ! il était à moins d’un mètre de moi, j’ai baissé la tete, je me croyais dans le film d’hitchcock « les oiseaux ». J’avais raison d’avoir peur, on nous explique un instant plus tard que ce sont des betes très méchantes et qui peuvent etre très dangereuses… elles peuvent fracasser un crane avec leur bec si on s’approche trop de leur nid. Elles ont coutume aussi paraît-il de harceler les autres oiseaux afin que ceux ci leurs cèdent leur proie, et peuvent meme feindre d’etre diminué, pour mieux surprendre ses proies. Une bete très impressionnnante avec son bec crochu, son plumage semblable à celui d’un aigle et à son envergure de près de deux mètres ! Que d’émotions. Tout le monde me charriait ensuite, attention, le labbe revient te chercher ! je guettais le ciel.
Autre instant magique, nous avons aperçus des dauphins sautiller à deux ou trois au dessus des flots pendant de longues minutes, avant que deux d’entre eux ne viennent s’approcher du bateau. Ils ont fait la course à l’avant du bateau. Je me situais aux premières loges, à l’avant, légèrement penchée par dessus bord pour mieux les observer, c’était magique ! Magique aussi lorsqu’on s’approché de Sandwich Harbour. Les paysages semblent irréels, des bois sont plantés dans l’eau, un oiseau est posé sur chaque bois, une épave sombre à proximité, des goélands et des sternes virevoltent au dessus des eaux calmes, avec en toile de fond une bande de désert de dunes plates couleur chair qui partage équitablement le ciel et la mer… De temps à autres, on s’arrete, on coupe le moteur du bateau pour ne pas effrayer une tortue qui passe toute proche, certains ont vu un manchot nager dans les flots… alors en silence, on scrute l’horizon et on se laisse bercer par les clapotis de l’eau… Le bonheur. On finit malgré tout par repartir au large, et progressivement nous voyons apparaître comme dans un mirage un phare très graphique, noir et blanc avec un sommet rouge avec à sa droite un baraquement en bois… Pour couronner le tout, nous fonçons dans la meme direction que des milliers de cormorans qui en un instant emplissent le ciel et la mer de leur battement d’ailes noires et qui encerclent le bateau à quelques mètres de nous… la vision est spectaculaire… j’ai presque envie de pleurer tellement c’est beau. Au bout d’un moment les oiseaux finissent par se poser sur l’eau et forment une ligne noire horizontale le long de l’horizon. Au loin, sur le sable qui nous fait face, on voit quelques 4x4 et leurs passagers venus se promener sur la baie coté sable, une autre colonie d’otaries a pris possession des lieux, elles nagent et s’amusent tout autour du bateau et sur la plage. A certains moments, on jurerai voir les ailerons des requins nager à quelques metres du bateau ! En fait, ce sont encore ses facétieuses otaries qui lorsqu’elles ont froid, sortent une nageoire hors de l’eau et la dirigent vers le soleil pour se réchauffer le corp entier. Super technique ! Elles ont inventé les panneaux solaires ! Une autre nous rejoind à bord, memes caresses, memes réclamations, et il paraît que c’est un male… Près d’une autre épave, nous avons pu observer un instant le poisson-lune, une bete immense appelée mola mola ici. On passe aussi tout près d’une plateforme en bois qui a été installée voilà des années pour y récolter du guano, cet engrais naturel provenant des déjections d’oiseaux… Là, il est midi, cela fait plus de quatre heures que nous sommes sur le bateau, quatre heures qui sont passées en un éclair. Mike nous apporte un déjeuner avec des huitres et quantité d’autres petites bouchées accompagnées d’un vin blanc. Mmm… manger dans ce cadre... Ceux qui mangent les huitres, ont l’autorisation de balancer la coquille par dessus bord comme feraient les russes avec leurs verres ! Elles ne font que retourner d’où elles viennent… Les petits encas sont délicieux et variés, le cadre magique et je n’ai meme pas eu le mal de mer ! Un reve de ballade… Encore quelques minutes de bonheur…
On finit par arriver au port, on descend, on dit au revoir à Mike, ou plutot adieu. Encore un. Je sens que ce voyage va avoir saveur des instants éphémères… Petit à petit, on rejoind les autres membres du groupe qui ont vécu une expérience similaire depuis un autre bateau et on se raconte ce que l’on a vu à batons rompus. On rejoind ensuite Swakopmund, plus précisemment un salon de thé afin de prendre autant de desserts que l’on veut et un petit café… ils ont pensés à tout. Moi, je prend une petite glace… En sortant du salon de thé, un beau petit marché improvisé se trouve à l’ombre des grands palmiers. Sur l’un des palmiers, j’y vois 3 perruches posées sur les excroissances du tronc, une verte, une bleue, une jaune. Ravissantes. La nature n’en finit pas de nous surprendre à chaque seconde… En contre bas, des centaines d’objets sont disposés très élégamment sur des tissus, des sculptures sur bois, des batiks, des assiettes décorées…
Nous reprenons la piste caillouteuse et chaotique pour aller voir une curiosité botanique : la welwitschia mirabillis, une des plus anciennes plantes de la planète qui ne pousse qu’ici. C’est une buveuse du brouillard. En fait il s’agit plus d’un arbre que d’une plante, mais le tronc est comme rachitique. Certaines de celles que nous voyons ont plus de 1500 ans… Temps et espaces infinis… J’ai parfois l’impression d’avoir atterri sur une autre planète. Les règles ici ne sont pas les memes qu’ailleurs, les plantes vivent près de 2000 ans, les troncs se transforment en pierre, les animaux sont partout chez eux, les lieux sont inchangés depuis des millions d’années et l’homme ici n’a quasiment rien perturbé… Il paraît que c’est Théodore Monod qui aurait dit que, dans le désert, quand tu retournes un caillou, tu peux te dire que tu es le premier à le faire depuis des milliers d’années…
On reprend la route et nos esprits pour rejoindre un peu plus loin une autre curiosité, volcanique cette fois. L’érosion d’un ancien volcan a formé un paysage spectaculaire nommé « mountains of the moon », ce qui vient me confirmer le coté extra-terrestre de ce voyage ! Effectivement, on a l’impression d’etre sur la lune. Il est interdit de marcher dans ses montagnes afin de les préserver. Vu d’ici, un peu surélevé, on a le sentiment d’etre devant un océan agité dont les vagues seraient des montagnes… On rejoind ensuite notre car, tel un vaisseau spacial ou une capsule appollo posé à meme une petite colline au milieu de nulle part…
Avant de rentrer dans notre superbe hotel de Swakopmund, ils ont décidé de nous emener faire un tour dans le township de la ville, là où vivent les plus modestes. On y voit des baraquements en tole ondulée, des petits enclos pour les chèvres, des rues en terre. Mais ce qui est surprenant malgré tout, c’est que malgré le coté sommaire de ces habitations, tout est propre… On rentre ensuite quasiment sans transition au centre ville, une ville très bizarre, très étrange, très colorée qui pourrait etre partout sauf en Afrique, coincée entre les dunes et l’océan. Je me demande aussi pourquoi ils ont fait des avenues si larges dans une ville si peu peuplée où l’on se plait à dire qu’il n’y a pas un chacal ! Moins de deux millions d’habitants dans un pays une fois et demie plus grand que la France… On respire !
Bon, nous revoilà à l’hotel. Là, on décide cette fois de monter rapidement sans trainer, car sinon, on va etre encore les dernières dans la mare quand tout le monde aura revetu sa tenue pour le diner ! Quand on descend, il y a déjà quelques personnes dans l’eau, je tate du pied comme j’ai l’habitude de faire avant de sauter quand, au moment où je dis « elle est froide ! » Hervé arrive et me pousse par derrière dans l’eau dans un cri !! « Ouaaah » suivi de « splash » ! Il m’a rendu service en fait, car j’aurais surement mis plus de temps à oser rentrer ! On s’est amusé comme des petits fous à la lueur des étoiles à barboter et à imiter les otaries, notamment leurs cris, des « heeeeu » en veux tu en voilà qui semblent etre leur moyen de communication. Ensuite, comme il faisait un peu froid, j’ai essayé de faire comme l’otarie qui sort sa nageoire au soleil pour se réchauffer, mais pour moi, ça ne marche pas ! Tout le monde éclate de rire. Mais ce n’est pas le genre de blague que tu peux ressortir avec des gens qui n’ont pas vécu notre expérience. On se chamaille et on se charrie avec des blagues du moment : t’as pris trop de lariam, toi. Le lariam est ce traitement préventif anti-palu qui entrainerait chez certaines personnes des troubles neurologiques graves !! En fait, petit à petit, on apprend les codes de la vie sous cette latitude…
Après la piscine, et une fois rhabillé, on fait un tour dans la boutique, meme quand on n’achète rien, il y a plein de choses à voir… Je me croirais au musée des arts premiers. Bon ensuite, on va diner, le portier, toujours fidèle au poste nous ouvre la porte. C’en est presque genant. Je peux bien le faire moi meme. Tout comme monter mon sac à roulettes jusqu’à ma chambre ! Du coup, on commence à en parler et à imaginer à quoi la vie devait ressembler pour ces colons blancs qui n’avaient qu’à lever le petit doigt pour etre servi et qui étaient traités comme des rois en permanence avec tous les égards. On imagine que le retour à la réalité devait leur causer un choc ! Avant, le diner, on a bu de nouveau un verre d’amarula. Je vais finir par devenir accro ! Je comprends que les éléphants adorent ces graines ! Pas bete ! Pendant le diner, Didier nous apprend qu’est prévu pour ceux qui le souhaitent un « city walk », demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne… On irait jusqu’à la mer à pied, ce serait l’occasion de voir la ville autrement. Je suis entousiaste. Du coup, je me dis que je vais me coucher tot afin d’etre en forme pour la promenade matinale car je tombe de sommeil après cette journée riche en événements. Malheureusement, c’est sans compter sur la force de persuasion de Didier qui insiste pour que je vienne voir le casino de l’hotel. J’habite à Enghien ! Je me fiche un peu du casino, la déco est kitch, les bandits manchots sont une escroquerie et quant aux tables de jeux je n ‘y comprend rien ! Du coup, il m’y a trainé avec Chris. C’est vrai que la ballade était quand meme amusante et certains se sont meme laissés prendre au jeu.. Et chose étonnante en Afrique australe, les blancs et les noirs se retrouvent autour de la meme table de jeu. Impensable en Afrique du sud, dit-on, meme encore aujourd’hui. Ok, c’est intéressant, mais dès que j’ai pu, je suis allée me coucher !
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Publié à 09:47, le 12/05/2007 |
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Nous nous retrouvons en petit groupe de 5-6 personnes, les plus courageux, à la réception de l’hotel à 6h. Le jour se lève à peine, et nous, on est fin prêt. Surprise ! La ville est entièrement recouverte d’un épais brouillard. On nous avait pourtant prévenu. C’est le choc thermique des eaux froides remontées par le courant du Benguéla depuis l’antartique et le sable chaud du désert qui cause cette purée de pois. D’ailleurs, c’est la seule source en eau pour beaucoup de plantes dans cette contrée. On y voit pas goute à quelques mètres, la promenade n’en ai que plus fantomatique, j’ai l’impression que je continue de rever. Encore une impression irréelle… On y découvre un ancien phare, toujours ses façades colorées, un parc un peu exotique et meme des arbres que je n’ai jamais vu ailleurs, semblables à des sapins de noel que des enfants auraient stylisés à l’aide d’une paire de ciseaux…très curieux. Arrivés à la plage, le ciel et la mer ne forment qu’un ensemble indistinct . Limite lugubre avec des oiseaux qui couinent dans tous les coins. Nous finissons par rebrousser chemin, nous passons devant une école maternelle très colorée. Dans la cour de récrée, pour que les enfants jouent, point de manèges, mais une sorte de bateau qui ressemble en fait à une épave échouée dans le sable… Une petite cote des squelettes miniature !
De retour, nous prenons notre petit déjeuner avant de nous préparer pour… un survol des dunes en cessna ! C’est l’occasion idéale pour moi de vaincre une fois pour toute ma peur irrationnelle de l’avion. Je repense à ce que m’a dit Erwan, au cours du diner, quand je lui est demandé si l’avion était petit, s’il secouait beaucoup… il a dit oui oui et en plus il fait des loopings ! Se fichait-il de moi ? Je vais en avoir bientôt le cœur net. Je mange bien de façon à ne pas souffrir d’étourdissement et je prévoie un petit sac plastique au cas où… On vient nous chercher en 4x4 pour nous enmener d’abord à l’agence afin que chacun s’inscrive par groupe de cinq, puis, direction l’aérodrome ! Il y aura donc dans l’avion cinq places passagers, plus le pilote. Chacun aura son hublot. On nous appelle par groupe et nous rejoignons notre petit coucou. Nous découvrons notre pilote, c’est un gamin ! Combien d’heures de vol a-t-il ? Tout le monde le pense très fort. Il nous explique en anglais avec un fort accent sud africain qu’il ne faut pas avoir peur du bruit, que c’est normal. On peut d’ailleurs mettre des boules quiès si on préfère, que l’inquiétant serait qu’il n’y ait plus aucun bruit ! Il nous dit aussi de ne pas nous inquiéter pour un bruit qui fait « boum, boum » peu après le décollage, une succession de deux petits coups secs, je ne sais plus ce qu’il a expliqué que c’était, je n’ai pas bien compris. Ce que j’ai retenu, c’est que si ça fait « boum, boum » il ne faut pas s’inquiéter !! C’est mon cœur qui va faire boum boum dans un instant ! On y rentre comme dans une voiture à trois portes, et on place l’un d’entre nous à droite du pilote, devant le panneau des commandes et devant les manettes, impressionnant ! On lui demande, surtout de ne toucher à rien !! Le jeune pilote nous dit qu’on a une glacière derrière les derniers sièges et qu’on peut se servir à tout moment, en eau, coca et autres boissons. Là je me dis, il pense vraiment qu’on a la tete à ça. A la rigueur, un peu d’alcool, ça donne du courage, mais non. Il nous donne à chacun une carte de la zone que nous allons survoler avec une espèce de plan de vol afin que nous sachions à tout moment où nous sommes ainsi qu’un récap de tout ce qu’on va voir sur le parcours. L’hélice commence à tourner, on prend un peu de vitesse et hop, nous voilà dans les airs pour deux heures et demie de survol. Je suis étonnée de la douceur du décollage ! ouaouh ! Là on nous rassure concernant la météo : effectivement la cote est recouverte d’un épais brouillard, mais d’une, celui-ci va se dissiper, il est encore tot, et deux, nous allons nous enfoncer plus à l’intérieur du pays pour survoler le désert de dunes… Dès les premières minutes, on constate que les nuages ont disparus et qu’il fait un temps magnifique. On commence par survoler le lit d’une ancienne rivière, aujourd’hui asséchée, mais que l’on reconnaît aisément aux arbres qui ont poussés tout le long de son lit. Puis, les premières dunes apparaissent, de plusieurs formes, en étoiles, ou en ligne, les ombres leur donnent un joli volume, ainsi que de différentes couleurs, il y en a de sable blanc, d’autres rouge sang… Au milieu de celles-ci, on repère des étendues d’argile bien blanches qui délimitent les contours de la cuvette. Sur les versants des dunes, on trouve ça et là des petites taches vertes, des arbres. Et puis, de temps à autres, des oryx qui courent en dessous. C’est comme dans un reve. A d’autres moments, on survole un canyon, c’est assez impressionnant car par moment, l’avion semble se rapprocher comme dangeureusement du sol ce qui donne en plus une double sensation de vitesse !! Vu d’en haut aussi, on survole une route goudronnée, droite comme un i sur ce qui semble des kilomètres… En effet, c’est quelque chose que l’on a remarqué sur les routes, elles sont en permanence en ligne droite pendant des kilomètres et des kilomètres. On a l’occasion de tourner que si l’on arrive à une intersection et qu’on décide de tourner à droite ou à gauche… Bien entendu, il y a des panneaux d’indications, mais en dehors de ça, il serait impossible de différencier la route de droite de la route de gauche, aucun points de repères !! moi qui suis déjà désorientée en ville, ici, je suis complètement perdue. Heureusement que je me laisse transporter. A un moment, la route semble finir à un endroit (en fait, nulle part) de façon assez brutale et puis, plus rien : que des dunes. La route qui ne mène nulle part. On a toujours l’impression ici, meme en avion en allant très vite, que le territoire est sans fin, sans limites et qu’on pourrait voler ou rouler des heures sans jamais arriver nulle part… On semble évoluer en permanence dans ce qui semble etre un monde infini où lorsqu’on se déplace, on n’a pas toujours l’impression d’avancer. Mais malgré tout, les paysages ne sont pas monotones, allez comprendre ! A un moment, le relief devient plus plat, plus pale et je repère sur le sable l’ombre de notre petit cessna qui se déplace à tout allure… j’aime bien cette image, encore un peu irréelle. Voilà à présent l’océan bouillonnant ! Là, le pilote décide de voler en rase motte avec à gauche l’océan et à droite les dunes le long d’une longue plage rectiligne de plus de 100 km… Entre eau et sable, on repère ça et là des colonies d’otaries, encore elles, qui ont toute la plage pour elles toutes seules… Là, sans crier gare, le pilote se met à vriller et je vois progressivement l’horizon qui devient vertical !! Je me tiens les oreilles en criant, je me dit qu’il va nous faire un looping ! C’étaient pas des blagues ! Je ne sais plus où est le ciel, où est la mer et où est le sable, mon cerveau ne comprend pas tout ce qu’il voit ou plutot se refuse à le croire !! L’aile gauche de l’avion ne semble etre qu’à un mètre de l’écume… comment ne pas crier !! Puis, en douceur, revient en position horizontale et tout sourire, se retourne vers nous pour voir si on est tous en train de vomir ou non, et nous fait un petit signe du pouce « Is it ok ?!! » On répond tous en chœur « Yes, it’s ok !! ». Il s’est éclaté comme un petit fou, le pilote. Encore un qui fait un métier passionnant. Il aime piloter, et il en a fait son métier. C’est aussi simple que ça… Je finis par me dire que dans ce pays, des tas de gens font des métiers passionants !! Très loin d’une vie routinière de bureau !! J’ai loupé ma voie, j’aurais du faire quelque chose en rapport avec la nature ou les animaux. Meme les torcher me semble finalement plus épanouissant que de brasser du papier dans un bureau ! Nous continuons plus calmement, du coup, pour nous remettre de nos émotions, on prend quelques boissons, tout en observant ça et là d’anciennes mines de diamants, et sur les dunes des épaves de bateaux, jetées là, comme des baleines échouées et à démi désossées au dessus desquelles virevoltent des oiseaux, ce qui rend encore une fois le paysage fantomatique… La cote des squelettes commence ici et remonte au nord jusqu’en Angola. Nous faisons une boucle en vol de près de 600 kilomètres… Bref, encore une expérience magique aujourdh’ui ! Les jours se suivent et ne se ressemblent pas ! Depuis la route, sur l’eau, dans les airs, de quelques manières qu’on les contemple, les paysages sont grandioses et fascinants ! On finit par se poser en douceur dans le petit aérodrome aux baraquements colorés et avec en toile de fond trois palmiers qui se détachent… Je me dis qu’à présent, je n’aurais plus jamais peur en avion, je suis vaccinée !! Au sol, on attend les autres cessna, et au fur à mesure, on partage nos expériences avec les autres… Que d’enthousiasme !
On reprend nos 4x4 et on retourne prendre le car qui nous attend non loin de là. Notre prochaine petite étape : observer les flamands roses dans une lagune proche de Walvis bay. Il y fait un vent de tous les diables, les délicats flamands qui picorent les pieds dans l’eau, ne semblent offrir qu’une faible résistance au vent. Leurs fines pattes graciles qui s’ouvrent dans le sens opposé de nos genous m’amusent. Après les avoir observés sous toutes les coutures, on finit par remonter au chaud. Le vent est glacial ! Je n’aurais jamais cru que j’aurais si froid en Afrique ! C’est vraiment le monde à l’envers ici.
Puis, on taille de nouveau la route, direction, le désert. Au bout de quelques kilomètres, le guide nous dégote comme une immense grotte semi-ouverte recouverte de cailloux ça et là afin d’y prendre notre pique-nique. Je grimpe la petite colline qui y mène : le paysage est lunaire. La solitude s’installe. Le car en contrebas est tout petit, et qu’est ce que je vois tout à coté de lui ? Des toilettes sèches !! Vision insolite ! On n’a pas de visite d’enfants cette fois, par contre, on est tous glacés d’effroi en repérant un scorpion sorti d’un caillou !! Tout noir, petit. Je m’étais fait à l’idée que les scorpions devaient etre beaucoup plus grand qu’ils ne le sont en réalité. Se dire qu’un etre aussi petit, peut nous causer une mort certaine en quelques instants… c’est effrayant. D’autant plus que l’hopital le plus proche doit se situer à plusieurs heures de route… Erwan, cette fois, est resté dans le car, Didier nous apprend qu’il est un peu malade, qu’il a mangé de la paella hier soir et qu’elle ne devait pas etre très bonne. Du coup, il n’a pas eu la force de grimper la colline et de manger avec nous comme il le fait d’habitude. Quelle idée aussi de manger un truc espagnol à 9000 kilomètres de la péninsule ibérique !! Ici, il faut manger du koudou !! Il est bien plus frais, il n’a fait que quelques mètres pour arriver dans notre assiette !
Nous repartons l’estomac plein en direction d’un endroit où l’on peut observer quelques arbres à carquois, qui en fait, appartiennent davantage aux espèces de plantes que des arbres et qui sont endémiques de cette région . Les anciens bushmen utilisaient les branches évidées et creuses pour en faire des étuis à flechettes, d’où son nom. Ils sont aussi appelés kokerbooms en afrikaans. Ils sont vraiment curieux, certains mesurent jusqu’à huit mètres de haut et ont entre 200 et 300 ans. Impressionnant. Maman qui me disait « qu’est ce que tu vas bien pouvoir faire dans un désert ?» J’étais loin de me douter aussi que nos découvertes seraient si riches et variées…
Prochaine étape après quelques kilomètres : une petite rando de deux heures dans le lit du fleuve Kuiseb. En fait nous apprenons que tous les fleuves de l’intérieur du pays sont secs. Seuls deux d’entre eux coulent en permanence : le Kunene au nord qui marque la frontière avec l’Angola et la rivière Orange au sud, qui marque celle avec l’Afrique du Sud. De temps à autres sur la route, nous croisons d’anciens lits de rivières que nous traversons perpendiculairement qui nous font comme des dos d’ane inversés ! Il se peut cela dit qu’ils coulent une journée ou deux par an, à la saison des pluies. La piste devient alors impraticable sans 4X4. Nous descendons dans la gorge à proximité d’un petit pont aux barrières toutes blanches. Cet ancien fleuve a creusé dans la roche une sorte de canyon voici quelques 20 millions d’années… Une ballade parmi le sable blanc, les cailloux et le temps. Sur le sable, on retrouve les caractéristiques mini dunes qui se forment en surface par le vent quand rien n’y personne ne vient troubler cette quiétude. A plusieurs endroits on peut facilement y repérer des traces d’animaux. Sympathiques les petites traces en fourches à trois dents des petits oiseaux, intéressantes aussi les traces de koudous ou autres antilopes ; par contre, inquiétantes les grosses traces de pattes qui, lorsque je les ai vues, me suis tout de suite imaginé que c’étaient des traces laissées par des lions ! Elles se dirigeaient vers le petit point d’eau où des tas d’animaux doivent venir se désaltérer. La taille colle, et puis, elles sont tellement semblables à celles laissée par les chats en plus gros, que j’en avais la chair de poule. Malheureusement, Erwan ne faisait pas la ballade avec nous, du coup, il n’a pas pu confirmer ou infirmer mes craintes, personne ne savait ce que c’était, ou alors ceux qui savaient n’ont pas osé me le dire ! En un instant, je me suis imaginé sa majesté le lion, immense, comme celui que l’on a vu il y a quelques jours à Etosha, caché derrière un buisson, près à bondir sur le dernier randonneur qui se sera laissé distancer par le groupe ! Vite, rejoignons les autres, si l’on reste ensemble et ils n’oseront pas attaquer ! Si nous formons un groupe homogène, ils ne verront qu’un tout et non pas les individus qui le composent… Voilà pourquoi, un lion ne sautera jamais dans le 4x4, pourtant ouvert pour y dévorer un touriste. Par contre, s’il descend du véhicule, ce qui est interdit, son espérance de vie diminue à vue d’œil. J’ai lu quelque part que descendre de voiture, c’est mettre un pied dans la chaine alimentaire ! Bienvenu dans un monde à l’état sauvage. Bref, je ne sais toujours pas si ce n’était que le fruit de mon imagination ou bien le fait d’avoir achevé la lecture du récit des Poussins « africa trek » où ils marchent dans les pas des lions en Tanzanie, un passage à vous glacer d’effroi… En continuant à marcher, nous avons repéré sur les collines en pente douces de part et d’autres du lit du fleuve, un groupe de babouins, qui, à notre approche, nous a montré les belles fesses rondes et claires de chaque membre du groupe. En restant un peu silencieux, l’instant d’après, on les voyait assis sur leurs céans sur la crete de la petite colline formant autant de petites aspérités qu’il y avait d’individus. Nous avions déjà vu des babouins à plusieurs reprises traverser furtivement la route sur notre passage, mais jamais dans leur milieu naturel, et en dehors de la réserve. Finalement, on a du mal à trouver une réelle différence entre ce que l’on voit à l’intérieur et ce que l’on voit à l’extérieur de la réserve. Après une bonne petite ballade, on finit par regagner notre car et nous voilà de nouveau fin prêt à retailler la route, content de retrouver nos bouteilles d’eau…
A présent, nous faisons route pour Solitaire. En montant dans le car, Didier sort d’une boite ronde de chewing gum freedent des petits morceaux grisatres qu’il se met à distribuer à tout le monde dans le car en jouant aux devinettes. Devinez ce que c’est, nous dit-il, et demande à chacun de toucher, de sentir, de tater la chose alors que tout le monde est un peu écoeuré, « ce n’est pas sale » croit-il bon d’ajouter. Des hypothèses sont émises : des crottes, des bouts de nids, des feuilles séchées… bref, personne ne met le doigt dessus (c’est le cas de le dire). Ce sont des restes de ce que régurgitent les aigles ! Ils engloutissent des quantités d’aliments qu’ils ne peuvent pas assimiler de suite, et qu’ils avalent dans la hate après la capture. Ils partent un peu plus loin, dans un endroit tranquille et régurgitent leur proie pour les manger plus à leur aise et pouvoir enfin les digérer… Voilà, c’était la séquence sciences naturelles qui a rendu le trajet plus court. On va le chopper à la frontière avec sa boite de faux freedents !! J’imagine les explications à la douane ! Solitaire. Le nom déjà laisse présager ce qu’on va trouver sur place… Les paysages qui défilent aussi confirment qu’on s’aventure plus profondément dans le désert du namib, nous faisons route plein sud. Passage du tropique du capricorne Voilà donc le moment où l’on traverse virtuellement cette ligne imaginaire qu’est le tropique du capricorne… Nous y faisons une halte. Ca n&rsqu | | |